Archive pour la catégorie ‘DIF’
La langue russe (partie 2)
Nous avons vu dans la partie 1 le nombre de locuteurs et les territoires sur lesquels la langue russe se pratique. Du fait de l’immigration, de nombreux pays compte aussi d’importantes communautés russophones dont les Etats-Unis, le Canada, Israël, l’Allemagne. 
Saviez-vous qu’en Israël plus d’un million des 7 millions d’Israéliens sont des russophones originaires de l’ex-URSS ?
Plus techniquement, le russe est une langue accentuelle caractérisée par un accent tonique des mots variable. La prononciation des voyelles non accentuées est brève et réduite. Le russe s’écrit avec une version de l’alphabet cyrillique comportant 33 lettres. La plupart des lettres-consonnes représentent en fait deux phonèmes distincts, l’un vélarisé (« dur »), l’autre palatisé (« mou »). Le russe s’écrit globalement comme il se prononce, à condition de tenir compte de certaines modifications phonétiques. Exemple : les groupes de consonnes sont plus nombreux qu’en français, mais les suites trop longues sont réduites : par exemple, dans чувствовать « sentir, ressentir », le premier ‘v’ de la suite la suite vstv ne se prononce pas.
A savoir : L’orthographe actuelle est le fruit de la grande réforme de 1918 (qui avait été proposée avant la Révolution russe, mais qui a été mise en œuvre par les Bolcheviks) et de la codification de 1956. La ponctuation, provenant initialement du grec byzantin, a été modifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles par analogie avec le système allemand et français.
Nous verrons très bientôt quels grands personnages étaient des russophiles avertis !
En attendant, n’hésitez pas à tester votre niveau en cliquant ici.
Connaissez-vous la City de Londres ?
La City de Londres n’est pas que le cœur historique de la ville. Il est aussi l’un des plus grands centres d’affaires en Europe et dans le monde. Son emblème est le dragon. Pas étonnant ! Ce quartier concentre les sièges sociaux de nombreuses banques, compagnies d’assurance et grandes entreprises multinationales. C’est également la 1e place financière au monde devant New York et Tokyo avec sa bourse : le London Stock Exchange.

Statue du dragon à Temple Bar, qui marque la frontière entre la Cité de Londres et celle de Westminster
Beaucoup de banques et de sociétés d’assurances sont implantées à Londres. Un second quartier financier abritant les sièges de HSBC, Reuters, Barclays, est en train de se développer à Canary Wharf, à l’est de la City. La moitié des plus influentes sociétés du Royaume-Uni, et une centaine des plus importantes sociétés européennes ont leur siège dans le centre de Londres. Les grandes sociétés médiatiques et de services professionnels sont concentrées à Londres elles aussi. Même si la City conserve de prestigieux monuments londoniens, comme la cathédrale Saint-Paul, on la reconnaît aujourd’hui grâce aux gratte-ciel, qui ont été construits ces dernières années, ceux-ci écrasant quelques immeubles anciens rescapés des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. De nombreuses autres de ces tours qui sont actuellement en projet vont largement continuer à modifier l’aspect architectural du lieu.
Bien sûr il y a d’autres grands quartiers d’affaires à Londres en dehors de la City : Westminster, Canary Wharf, Camden & Islington et Lambeth & Southwark. Cela paraît presque normal quand on pense que la capitale britannique possède plus de 480 banques à l’étranger… Elle bénéficie également du plus grand nombre d’investissements de l’Union européenne.
Quand est-ce qu’on se remet à l’anglais ?
L’économie de Londres : l’anglais a la cote
Pour démarrer l’année 2012, rien de tel que l’ambition de progresser en anglais. Pourquoi ? Pour faire des affaires ! Important centre d’affaires internationales et de commerce, la ville de Londres fait partie des trois centres décisifs en matière d’économie mondiale (avec New York et Tokyo). Dans une carrière liée à la finance, elle reste un passage obligé. Grâce à sa première position européenne en tant que ville économique, Londres génère environ 20% du PNB britannique. De quoi lui permettre de tenir le rang bien en avant des autres pays européens. De plus, l’Angleterre figure parmi les pays les plus attractifs de la zone européenne pour la création d’entreprise et son fonctionnement. Nous ne plaiderons pas ici pour un départ en masse de nos économistes, financiers ou entrepreneurs français mais inciterons ces derniers ainsi que toutes les âmes avides de business, à s’inspirer sérieusement de la chose.
Petit rappel des avantages londoniens

Londres, capitale du business en Europe avec près de 300 000 personnes travaillant dans le secteur de la finance
Dès la Seconde Guerre Mondiale, Londres est passée à une économie de services bien avant les autres villes européennes. Cela est dû à plusieurs raisons. Bien sûr la langue anglaise qui est rapidement devenue la langue économique officielle. Par la suite, Londres est devenue un centre industriel et d’affaires qui collabore avec les Etats-Unis et les pays asiatiques. Son fuseau horaire lui permet de cumuler les heures de bureau locales avec celles de bien d‘autres pays. Et oui, ce détail technique fait aussi la différence… La loi britannique est la plus utilisée dans les affaires internationales car elle possède une infrastructure multiculturelle tandis que ses impôts sont relativement bas en particulier pour les étrangers. Enfin, Londres peut accueillir beaucoup d’entreprises car elle dispose d’une bonne infrastructure en ce qui concerne les transports. Ce qui amène près de 300 000 personnes à travailler dans le secteur de la finance et 85% de la population active de la métropole londonienne à travailler dans le secteur des services…
Nous parlerons prochainement de la City, un des plus grands quartiers d’affaires de Londres.
Et vous, prêts pour un séjour dans l’économie londonienne ?
Londres : la Tate Modern expose la toile la plus chère au monde, oeuvre de Picasso
Londres redevient une capitale fastueuse ! Le croirez-vous ? Une toile de Pablo Picasso, Nu au plateau de sculpteur, a été vendue récemment au prix le plus élevé jamais atteint lors d’enchères, à la Tate Modern, qui regroupe les collections d’art contemporain à Londres. Le record absolu des ventes d’art ! Il s’élève à plus de 106 millions de dollars. Cette peinture, qui date de 1932 et qui n’avait jamais été présentée dans la capitale britannique, n’avait été exposée qu’une seule fois, en 1961, pour commémorer le 80e anniversaire de Picasso.
La toile a été acquise par un mystérieux collectionneur privé chez Christie’s à New York le 4 mai dernier, au prix record de 106,5 millions de dollars (76 millions d’euros), un montant jamais atteint par une oeuvre d’art. Elle a été prêtée au musée où elle sera présentée dans une nouvelle salle consacrée au peintre.
La toile représente Marie-Thérèse Walter, l’amante et muse du peintre, étendue nue sous les yeux de l’artiste. A l’âge de 45 ans, alors qu’il était marié à Olga Kokhlova, Picasso avait rencontré la jeune femme âgée de 17 ans devant les Galeries Lafayette. Il lui aurait alors déclaré: « vous et moi allons réaliser de grandes choses ».
Ce n’est qu’à partir de 1931-32 qu’il commencera à en faire le sujet de ses toiles. «C’est une peinture remarquable et je suis ravi que grâce à la générosité de son propriétaire, nous soyons en mesure de la montrer pour la première fois au public britannique», a déclaré le directeur du musée, Nicholas Serota.
Londres, capitale de l’anglais et de la culture. Picasso, polyglotte, est emblême de l’Espagne… L’espagnol aimait parler français. Il s’installa à Paris en 1900 dans l’atelier du peintre Nonell à Montmartre. Il s’y imprègne de l’atmosphère du Moulin de la Galette. C’est bien dans la capitale française qu’il vend ses premières toiles. Plus tard, il s’installe au 130 ter boulevard de Clichy chez le marchand d’art Pedro Manach qui le loge pendant quelques mois dans son appartement personnel et lui offre un salaire.
Au Brésil, parle-t-on portugais ou brésilien ? La langue portugaise (partie 2)
Le plus vaste pays d’Amérique latine, le Brésil, a été une colonie prospère de la couronne portugaise pendant plusieurs siècles. Aujourd’hui, seul héritage du Portugal en terre américaine, sa langue officielle reste le portugais. Depuis l’année 1500 où Pedro Alvares Cabral, découvrit les côtes brésiliennes et, revenant au Portugal, annonça avoir découvert de nouveaux territoires, la langue portugaise n’a cessé d’adoucir sa tonalité et de forger son caractère à travers un parler chanté. De telle manière que les portugais du Portugal ne comprennent pas toujours les portugais du Brésil.
Outre sa superficie de 8 514 876 km² en 2011, sa population de 192 376 496 habitants et sa position de cinquième pays du monde par la superficie et par le nombre d’habitants, le Brésil est le plus grand pays lusophone du monde. Ceci amène le portugais à être la première langue d’Amérique du Sud et de l’hémisphère Sud.
Paulo Coelho, écrivain brésilien
Le romancier Paulo Coelho né en 1947 à Rio de Janeiro a acquis une renommée internationale avec la publication de L’Alchimiste, vendu à 65 millions d’exemplaires, en 56 langues (chiffres de 2008). Les récits de Coelho abordent des thèmes proches à chacun, notamment ceux concernant les rêves, les projets, les faiblesses, les doutes, et le sens de la vie… Ces thèmes concis ne s’embarrassent guère d’un décor somptueux : l’essentiel étant l’histoire des deux ou trois personnages bien ciblés qui se mesurent au destin. Homme engagé, il habite à Rio de Janeiro ou à Saint-Martin dans les Hautes-Pyrénées en France, en dehors des périodes où il voyage pour promouvoir son œuvre. Il consacre une partie de ses revenus à sa fondation qui s’occupe de jeunes et de personnes âgées délaissées à Rio. Sa langue, ses origines, il ne les a jamais quittées, vacillant entre langue portugaise et langue française.
Coup d’oeil sur la langue portugaise (partie 1)
De la 6ème place mondiale en 2000, la langue portugaise est désormais à la 5ème place mondiale depuis 2006, toutes langues et dialectes confondus. Bien sûr, le mandarin continue de culminer loin devant mais le portugais est tout de même la seconde langue parlée en Amérique latine, après l’espagnol et reste une importante « lingua franca » dans les anciennes colonies portugaises. Elle représente 240 millions de locuteurs dans le monde dont la majorité se trouve au Brésil (190,6 millions) et bien sûr au Portugal (11,6 millions).
Le portugais est une langue appartenant à la branche romane de la famille des langues indo-européennes. Les « lusophones » qui la pratiquent se trouvent dans les contrées les plus exotiques : Madère, Açores, Angola, Cap-Vert, Timo oriental, Macao… De quoi avoir envie de voyager ! Les normes de la langue portugaise sont régies par l’Instituto Internacional de Língua Portuguesa. La plus grande partie du lexique portugais vient du latin. Il y a cependant des mots empruntés d’origine arabe. En effet, durant cinq siècles les maures ont occupé le territoire et laissé un héritage extraordinaire dont le fameux azulejos est l’emblème le plus resplendissant. Environ 800 mots d’origine arabe entrent dans le lexique portugais entre le IXe et XIIIe siècles. Ceux-ci sont souvent reconnaissables à l’utilisation de l’article arabe a(l)- en début de mot, et incluent beaucoup de mots communs . L’expression arabe « Inch Allah » (إن شاء الله, in chā’ Allāh), transformé en oxalá, fait toujours partie du lexique portugais avec le sens originel : « si Dieu le veut », même si le Dieu auxquels les Portugais modernes font appel n’est plus Allah.
Les découvertes portugaises
Les portugais sont un peuple de grands explorateurs. La variété des mots montre bien que les voyages sont la pierre angulaire de sa culture avec comme grande figure Vasco de Gama. Anecdote : À partir du XVe siècle et de l’expansion maritime du Portugal, des mots japonais, tel katana qui donna catana (machette), et cantonais, tel chá qui donna chá (thé) furent adoptés. Ce fut aussi le cas de certains mots des langues amérindiennes. Plus tard, d’autres mots d’origine africaine intègrent le lexique portugais comme cafuné (caresse de la tête).
Ernest Hemingway, américain francophone
Rares sont les américains polyglottes ! Ernest Hemingway le fut. L’homme de lettres aimait partager son temps entre les deux langues de son coeur : l’anglais et le français. De son Illinois profond des États-Unis, il n’a jamais cessé de voyager, d’aller voir « l’ailleurs », de connaître tant de pays… Il fut l’écrivain voyageur, le passeur, le journaliste investi dans la vérité. La France arrivait largement en tête de ses destinations préférées !

Photo de passeport d'Ernest Hemingway en 1923. Le jeune américain découvre alors Paris et ses charmes
La France, havre de culture
Son pays favori fut sans contexte celui du béret et de la baguette. Hemingway se prend au jeu et devient adepte de nos habitudes. Les bistrots, les intellectuels, l’effervescence des années 20 conquièrent son coeur. L’américain adore faire partie de la communauté anglophone de Paris, à l’époque très en vogue et vivant à toute vitesse. Il demeure, avec sa femme Hadley, au troisième étage du 74 rue du cardinal Lemoine de janvier 1922 à août 1923. Pour une durée courte puisqu’il part comme journaliste à la guerre d’Espagne, aux côtés des Républicains, il y rencontrera Malraux. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale qu’il revient en France, le cher pays.
« Paris est une fête »
Dans le livre Paris est une fête qu’il écrit entre 1957 et 1960, l’auteur témoigne de ses premières années d’écrivain désargenté à Paris dans les années 20. Jeune journaliste, il abandonne son travail pour essayer de vivre de son écriture. Il arrive dans la capitale française avec sa charmante épouse ; le couple vit d’amour et de vin frais… Nombre d’aventures arriveront après : les guerres, les femmes, les livres, les reconnaissances dont le prix Nobel de littérature en 1954 « pour le style puissant et nouveau par lequel il maîtrise l’art de la narration moderne, comme vient de le prouver Le Viel Homme et la Mer ». Il donne à Stockholm, devant le jury de l’Académie suédoise, le discours le plus court de l’histoire de cette institution. Comment expliquer que l’on puisse autant aimé l’anglais et le français ?
Andrée Chédid, la grand-mère du chanteur M était polyglotte
Le 6 février 2011, la poétesse et romancière Andrée Chedid est décédée à Paris. Cette femme de lettres d’origine libanaise, née en 1920, est la mère du chanteur Louis Chedid et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid. Andrée Chedid était chef de file et inspiratrice d’une famille d’artistes et une femme de lettres polyglotte, parlant couramment trois langues : l’arabe, l’anglais et le français, pour avoir vécu successivement en Égypte, au Liban puis en France, à Paris, où elle s’installa à partir de 1946.
L’anglais en poésie…
Elle fait ses études dans des écoles françaises, puis elle intègre l’Université américaine du Caire, où elle obtient un BA en journalisme en 1942. En 1943, elle part vivre au Liban avec son mari. Elle publie son premier recueil de poésie, en anglais, On the Trails of My Fancy.
… et la langue française pour la vie quotidienne
En 1946, elle s’installe définitivement à Paris : son mari est professeur à l’Institut Pasteur. Tous les deux acquièrent la nationalité française. Elle opte alors définitivement pour la langue française, dans laquelle elle publiera le reste de son œuvre.
Auteure d’une vingtaine de recueils de poésie mais également de plusieurs dizaines de romans, essais, récits et pièces de théâtre, Andrée Chedid n’a cessé d’interroger dans ses œuvres « la condition humaine et les liens entre l’Homme et le monde ». Elle reçut l’Aigle d’or de la poésie en 1972, le Goncourt de la nouvelle en 1979 pour Le Corps et le temps, et fut élevée au rang de grand officier de la Légion d’honneur en avril 2009.
NOUS ÉTIONS DEUX
Nous étions deux
L’un de l’autre cousin
Et l’on s’aimait
Plus que la vie
De l’un de l’autre
On partageait les mots
Nous étions deux
Et l’on s’aimait
On s’égayait de nos partages
On s’amusait
Comme s’amusent les clowns
On se battait
Comme se battent les clowns
Pour tout ou rien
On s’embrassait pour trois fois rien
Aux bords du temps
Nous tremblerons de rester
Sans l’un sans l’autre
Nous étions deux
Et l’on s’aimait.
Charles Quint parlait italien aux femmes

Charles Quint se marie en 1526 avec la très belle Isabelle de Portugal. Le roi lui aura certainement parlé italien en dehors de l'espagnol qui dominait le quotidien
La vie de Charles Quint fut très mondialisée : le royaume dont il hérite est difficilement contrôlable sans connaître des langues. Celles-ci deviennent un véritable enjeu et un atout pour régner. Descendant de l’histoire, à la croisée d’héritages multiples, être polyglotte s’avère un « plus » non négligeable.
Etre polyglotte : une obligation pour le succès
Par sa mère Jeanne la Folle, fille des rois catholiques, Charles Quint hérite de l’Espagne et de ses possessions en Italie ; par son père Philippe le Beau, il possède les Flandres et des prétentions sur la Bourgogne (sa grand-mère était la fille de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne), et par son grand-père, Maximilien Ier, il possède l’Autriche. Il est de surcroît élu empereur de l’Empire romain germanique ! De quoi, vraiment, l’inciter à se mettre au travail des langues, ce qu’il ne tarde pas à faire. A 19 ans, le jeune homme domine un immense empire. Mais son destin exceptionnel ne s’arrête pas là. Il va aussi étendre son emprise sur une partie de l’Amérique par le biais des conquistadors, son autre grand-mère étant la reine qui avait cru en Christophe Colomb !
Un homme à la croisée de la mondialisation et de la modernité
Le voici donc à la tête d’une administration difficile de territoires dont les langues et les cultures s’opposent dans un éloignement géographique insoutenable, même pour ce grand voyageur ! Personnalité complexe, polyglotte, il parle surtout le français, sa langue maternelle, bien qu’il ait été éduqué en Flandres par un futur pape ! Il apprend ensuite l’espagnol et l’italien. Voici deux citations qui nous donnent une idée de la personnalité de Charles Quint et de son amour des langues :
« Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval. »
« J’ai appris l’italien pour parler au pape ; l’espagnol pour parler à ma mère ; l’anglais pour parler à ma tante ; l’allemand pour parler à mes amis ; le français pour me parler à moi-même. »
L’exemple de Charles Quint, à bien des égards, peut nous inspirer. Parler des langues aide considérablement au rayonnement professionnel et de sa personne. C’est aussi l’ouverture sur le monde et la compréhension de la différence.
La langue italienne pour mieux rêver
Sans nul doute, l’italien est la langue des rêves et des voyages… et de quelques 200 millions de personnes ! Parlée essentiellement en Italie, où elle est langue nationale, mais aussi en Suisse essentiellement dans le sud (elle représente environ 6,8 % des locuteurs suisses), elle est en France la quatrième langue étrangère apprise dans l’enseignement secondaire, après l’anglais, l’allemand et l’espagnol. Au Vatican, elle est seconde langue officielle avec le latin.
Les communautés italophones
Il y a de nombreuses communautés italophones en Croatie, en Slovénie et en ex-Yougoslavie. Egalement en France : en Corse précisément puisque le corse est fortement apparenté au toscan mais aussi à Nice, à Menton, à Monaco, à Malte (où elle a été langue officielle jusqu’en 1934), en Albanie, aux Etats-Unis (environ 4 millions de locuteurs, surtout dans les grandes villes), en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay), en Ethiopie, en Erythrée, en Libye (elle y est la langue commerciale avec l’anglais), et en Somalie (elle y a été langue universitaire jusqu’en 1991).
L’italien, langue des voyages et de l’art

Giosuè Carducci est un poète italien (1835-1907). Il fut le premier Italien à recevoir le Prix Nobel de littérature, en 1906. Il écrivit ses premières pièces en vers à l'âge de 13 ans avant de devenir un écrivain qui influencera profondément la vie intellectuelle de l'Italie du XIXe siècle. Son œuvre la plus connue est Odes Barbares, publiée en 1882
L’italien semble avoir beaucoup influencé l’espagnol tel qu’il est parlé en Argentine où l’afflux de migrants italiens a été massif. Elle est une langue cultivée et recherchée, très stimulante pour un public étranger qui s’intéresse à l’Italie pour des raisons d’études, de traditions familiales, ou par curiosité.
D’autre part, l’italien a su s’imposer dans le monde comme la langue de l’art. Elle est associée à la renaissance italienne dont Titien et plus tard, Léonard de Vinci, sont les symboles suprêmes.
Une langue chantante à 21 lettres
L’italien utilise 21 lettres de l’alphabet latin. Les lettres j, k, w, x et y ne sont utilisées que dans les mots d’emprunt. On trouve toutefois le j (i lunga) ainsi que l’y (ipsilon ou i greca) et le w (doppia vu) dans certains toponymes et noms ou prénoms. Les voyelles peuvent porter des accents aigus ou graves marquant des syllabes phonétiquement accentuées. Il n’est jamais obligatoire de marquer l’accent graphique sur une syllabe qui n’est pas la dernière du mot. Les très nombreux prêts du français sont souvent écrits sans les accents ; il s’agit cependant d’une faute d’orthographe condamnée par les puristes de la langue italienne.
Le saviez-vous ?
La convention avancée par le poète Giosué Carducci prévoit qu’on écrive l’accent aigu pour les voyelles dont la prononciation est toujours fermée (í, ú), l’accent grave pour le à dont la prononciation est toujours ouverte, et l’accent correspondant au degré d’ouverture de la prononciation pour le e et le o, c’est-à-dire è et é, ò et ó. Qui a dit que les poètes ne servent à rien ?







